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Cabinet d'Avocat Jawhari

Abandon de poste au Maroc : ce que dit réellement la loi et la jurisprudence en droit du travail

L’abandon de poste est une situation fréquente en droit du travail marocain, mais aussi l’une des plus mal interprétées, tant par les salariés que par les employeurs.
En pratique, cette notion est au cœur de nombreux contentieux sociaux portés devant les juridictions du travail, souvent avec l’assistance d’un avocat en droit du travail.

Contrairement à certaines idées reçues, le Code du travail marocain ne contient aucune définition légale expresse de l’abandon de poste. Sa qualification juridique dépend des faits, du comportement du salarié et surtout de la stratégie juridique adoptée par l’employeur, sous le contrôle de la jurisprudence.

Le présent article propose une analyse rigoureuse, conforme au droit positif marocain, éclairée par la jurisprudence constante de la Cour de cassation en matière de licenciement, faute grave et abandon de poste.

1. L’abandon de poste : une notion non définie par la loi

Le droit du travail marocain ne définit pas l’abandon de poste en tant que tel.
La pratique judiciaire considère toutefois qu’il s’agit d’une absence prolongée, injustifiée et non autorisée, traduisant un manquement du salarié à son obligation essentielle d’exécuter la prestation de travail.

Il est fondamental de rappeler qu’une absence ponctuelle ou temporaire, même non autorisée, ne suffit pas à caractériser juridiquement un abandon de poste. Cette distinction est régulièrement rappelée par les juridictions du travail et les avocats spécialisés en droit social.

2. Le délai légal de 48 heures pour justifier l’absence (article 271)

Conformément à l’article 271 du Code du travail, le salarié qui s’absente pour cause de maladie ou d’accident est tenu :

  • d’informer son employeur,
  • et de justifier son absence dans un délai de 48 heures, sauf cas de force majeure.

Tant que ce délai n’est pas expiré, l’absence ne peut être qualifiée ni d’abandon de poste ni de faute grave.
Toute décision prématurée de l’employeur peut exposer celui-ci à un risque de requalification en licenciement abusif, fréquemment invoqué en contentieux du travail.

3. L’abandon de poste n’est pas une démission

La démission suppose une volonté claire, expresse et non équivoque du salarié de rompre le contrat de travail.

Or, une absence prolongée, même injustifiée, ne peut jamais être assimilée automatiquement à une démission.
La jurisprudence est constante : la démission ne se présume pas et ne peut résulter d’un simple comportement passif.

Cette règle est centrale en droit du travail et constitue un argument fréquemment mobilisé par l’avocat du salarié en cas de litige.

4. Abandon de poste et faute grave : une appréciation au cas par cas

L’article 39 du Code du travail prévoit que l’absence injustifiée du salarié pendant une certaine durée peut constituer une faute grave, justifiant la rupture du contrat sans indemnité.

Toutefois, l’abandon de poste n’est jamais automatiquement une faute grave. Son appréciation dépend notamment :

  • de la durée de l’absence,
  • de l’existence ou non d’une justification,
  • de l’impact sur le fonctionnement de l’entreprise,
  • du comportement du salarié après mise en demeure.

Cette analyse factuelle relève souvent d’un contentieux social complexe, nécessitant l’intervention d’un avocat en droit du travail expérimenté.

5. Deux options juridiques pour l’employeur face à un abandon de poste

La jurisprudence marocaine distingue clairement deux hypothèses, souvent confondues en pratique.

Hypothèse 1 : l’employeur engage un licenciement

Lorsque l’employeur décide de rompre le contrat de travail, il doit impérativement respecter la procédure disciplinaire prévue aux articles 62 et suivants du Code du travail :

  • convocation du salarié,
  • audition disciplinaire,
  • établissement d’un procès-verbal,
  • notification écrite et motivée de la décision.

Toute rupture prononcée sans cette procédure expose l’employeur à une requalification en licenciement abusif, avec des conséquences financières importantes en droit social.

Hypothèse 2 : l’employeur constate un départ volontaire du salarié

La Cour de cassation a jugé que lorsque le salarié s’absente sans justification au-delà du délai légal de 48 heures et que l’employeur n’a pris aucune décision formelle de licenciement, celui-ci peut considérer que le salarié a quitté son poste de manière volontaire.

Dans ce cas précis, l’employeur n’est pas tenu de suivre la procédure disciplinaire.
Cette option reste toutefois délicate, la charge de la preuve pesant sur l’employeur en cas de contestation devant le juge du travail.

6. Conséquences juridiques pour le salarié

Un abandon de poste peut exposer le salarié à :

  • la perte de certaines indemnités,
  • une position défavorable en cas de contentieux du travail,
  • voire la reconnaissance d’une faute grave selon les circonstances.

Quitter son poste sans analyse préalable est donc fortement déconseillé. Une consultation avec un avocat en droit du travail permet souvent d’éviter des conséquences irréversibles.

7. Alternatives légales à l’abandon de poste

Avant toute absence prolongée, le salarié peut envisager des solutions juridiquement sécurisées :

  • mise en demeure adressée à l’employeur,
  • demande de régularisation de la situation contractuelle,
  • rupture négociée du contrat,
  • accompagnement par un cabinet d’avocats en droit du travail.

Ces alternatives permettent de préserver les droits du salarié tout en limitant les risques de contentieux social.

Abandon de poste au Maroc : l’importance de l’accompagnement juridique

L’abandon de poste est une situation juridiquement complexe, dont la qualification dépend autant des faits que de la stratégie adoptée par les parties.
Une gestion automatique ou approximative peut entraîner des conséquences lourdes, tant pour le salarié que pour l’employeur.

Seule une analyse juridique au cas par cas, à la lumière du Code du travail et de la jurisprudence, permet d’éviter des erreurs coûteuses.

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