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Héritage au Maroc : règles, procédures et accompagnement par un avocat

Au Maroc, la succession suit des règles strictes basées principalement sur le droit musulman et encadrées par le Code de la famille, également connu sous le nom de Moudawana. Cette législation définit clairement les héritiers, les parts de la succession et la procédure de liquidation successorale.

Pour bien comprendre ce processus, il est nécessaire de définir en premier lieu ce qu’est la succession. En l’occurrence, la succession est l’ensemble des biens ou droits patrimoniaux laissés par le de cujus.[1]

Bon à savoir:

L’héritage et la succession sont des termes souvent utilisés de manière interchangeable, mais en réalité, ils ont des significations distinctes.

L’héritage est le transfert d’un bien ou d’une propriété à un autre individu après le décès du propriétaire initial. Alors que, la succession est l’ensemble des biens et dettes qui doivent être réglés par une personne décédée avant que les héritiers ne puissent recevoir leur part de l’héritage. [2]

Différentes catégories des héritiers 

Le code de la famille énumère quatre catégories d’héritiers[3] :

  • Les héritiers à Fardh seulement : cette catégorie a droit à une part successorale déterminée ;
  • Les héritiers par Taâsib seulement : cette catégorie a droit à l’ensemble de la succession ou de ce qui en reste, après l’affectation des parts dues aux héritiers à Fardh ;
  • Les héritiers à Fardh et par Taâsib à la fois ;
  • Les héritiers à Fardh ou par Taâsib séparément.

Parts de la Succession 

Les parts de la succession sont déterminées selon des règles spécifiques définies par la loi.

DescendantsAscendantsConjoint survivant
Fils : ils reçoivent une part égale, partagée également entre eux.
Filles : elles reçoivent la moitié de ce que reçoivent les fils. Si elles sont seules, elles prennent la moitié de la succession ; si elles sont deux ou plus, elles se partagent les deux tiers.  
Père : s’il y a des descendants, il reçoit un sixième de la succession.
Mère : si elle a des descendants, elle reçoit également un sixième. Si elle n’a pas de descendants mais des frères et sœurs, elle reçoit un tiers.  
Époux : s’il y a des descendants, il reçoit un quart. En leur absence, il reçoit la moitié.
Épouse : si elle a des descendants, elle reçoit un huitième. En leur absence, elle reçoit un quart.  

Procédure de Liquidation Successorale 

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Le Cabinet Jawhari vous accompagne dans toutes les étapes : obtention de l’acte d’hérédité, inventaire des biens, répartition entre héritiers, déblocage des comptes bancaires et transfert de propriété immobilière.

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Avant de pouvoir entamer la procédure de succession, il est nécessaire de se procurer deux documents essentiels : le certificat de décès et l’acte hérédité.

Certificat de décès 

Pour obtenir le certificat de décès, les héritiers doivent déclarer le décès auprès de l’officier de l’état civil. Ce processus doit se faire dans un délai de trente (30) jours pour les marocains décédés au Maroc, et d’une (1) année pour ceux qui résident à l’étranger.[1] Si ce délai légal est dépassé, une amende de 300 à 1 200 dirhams peut être infligée.

L’acte d’hérédité

L’acte d’hérédité est un document officiel rédigé par un Adoul, qui mentionne le nom du défunt ainsi que ceux des héritiers légaux, précisant la quote-part de chacun d’eux.

L’élaboration de ce document se fait en présence de douze (12) témoins de sexe masculin, choisis parmi les proches, les amis de la famille ou les voisins, chargés de confirmer les informations en question et de signer le document à tour de rôle. Une fois établi, l’acte est authentifié par le tribunal.

Pour demander l’acte d’hérédité, certains documents sont nécessaires :

  • Le certificat de décès du défunt ;
  • Le livret de famille marocain ;
  • Une copie de la C.N.I de chaque héritier.[2]

Une fois l’acte d’hérédité prêt, la succession peut se déclencher.

Inventaire et évaluation des biens

Pour débuter la procédure de la succession, les héritiers doivent dresser un inventaire complet des biens successoraux du défunt. Tout d’abord, cette démarche consiste à identifier tous les héritiers et à vérifier l’existence éventuelle d’un testament.

Ensuite, les héritiers recensent les biens du défunt, qu’ils soient immobiliers, mobiliers, ou financiers (comme les comptes bancaires).

*Pour garantir une évaluation précise des biens, les héritiers doivent faire appel à un notaire ou à des Adouls.

Règlement des dettes et des charges

Avant de procéder à toute répartition, les héritiers doivent régler les dettes du défunt, ainsi que les frais funéraires et les frais de liquidation successorale.

Conformément à l’article 376 du code de la famille, aucun des héritiers ne peut prendre en charge la gestion des biens successoraux avant leur liquidation, sauf en cas de nécessité impérieuse. De même, il leur est interdit de percevoir les créances ou de payer les dettes de la succession sans l’autorisation préalable du liquidateur ou de la justice en l’absence de celui-ci.

Répartition des biens

Pour commencer, les héritiers ou leur représentant doivent déposer l’acte d’hérédité et le certificat de décès auprès des différentes institutions concernées en fonction de la nature des biens à partager, telles que la banque, la conservation foncière, le service des mines, la CIMR, la CNSS et la DGI.

Ensuite, la répartition des biens s’effectue selon les parts définies par la loi. Les héritiers peuvent s’entendre sur un partage amiable; sinon, en cas de désaccord, ils peuvent recourir au tribunal de première instance pour résoudre les conflits liés à la succession.

Cependant, lorsque des différends subsistent, le tribunal désigne une personne pour liquider la succession, en privilégiant le choix sur lequel les héritiers se sont mis d’accord. Toutefois, à défaut d’accord, et si le tribunal juge nécessaire de désigner un liquidateur, il impose aux héritiers de choisir celui-ci parmi eux dans la mesure du possible, après avoir entendu leurs observations et réserves.[3]

Transfert de propriété

Après la répartition, les héritiers procèdent aux formalités de transfert de propriété des biens immobiliers auprès des services de la conservation foncière.

Clôture de la succession

  Une fois toutes les formalités accomplies, la succession est officiellement clôturée.

*En général, les différentes démarches liées à la succession au Maroc nécessitent environ une durée d’un mois, voire 3 mois en cas de litige pour résoudre le conflit au tribunal de première instance.

Succession franco-marocaine : cas particulier des MRE

Si le défunt résidait en France ou dans un autre pays européen, ou si certains héritiers résident à l’étranger, la succession présente des complications spécifiques qui nécessitent une attention particulière.

  • Biens immobiliers au Maroc : le transfert de propriété doit être effectué auprès de la conservation foncière marocaine, même si les héritiers résident en France. Un mandataire peut agir en leur nom via une procuration notariée apostillée.
  • Comptes bancaires marocains : le déblocage des comptes d’un défunt MRE nécessite la présentation de l’acte d’hérédité marocain et du certificat de décès traduit si établi à l’étranger.
  • Délai de déclaration : pour un Marocain décédé à l’étranger, le délai pour déclarer le décès auprès de l’état civil marocain est d’un an (contre 30 jours pour un décès au Maroc).
  • Conflit de lois : lorsque des héritiers sont de nationalité française ou résident habituellement en France, des règles de droit international privé s’appliquent pour déterminer quelle loi régit la succession. Un accompagnement juridique est fortement recommandé.
📚 À lire : Succession franco-marocaine : gérer un héritage au Maroc depuis la France — guide complet

Le Cabinet d’Avocats Jawhari accompagne régulièrement des familles franco-marocaines dans la gestion de successions complexes entre les deux pays. Nous intervenons à distance et en français.

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Quand faire appel à un avocat pour une succession au Maroc ?

Un avocat est indispensable dans les situations suivantes :

  • Désaccord entre héritiers sur le partage des biens
  • Présence de biens immobiliers au Maroc nécessitant un transfert de propriété
  • Succession impliquant des héritiers résidant à l’étranger
  • Dettes du défunt à régler avant le partage
  • Testament contesté ou inexistence d’acte d’hérédité
  • Succession bloquée depuis plusieurs années

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Le Cabinet Jawhari analyse votre situation, identifie les étapes prioritaires et vous accompagne jusqu’à la clôture de la succession — que vous soyez au Maroc ou en France.

📞 05 20 44 44 47  |  maha@avocat-jawhari.com

Comments

  • Nadia Housni

    Bonjour,
    Je suis franco marocaine, mon père est décédé et nous a laissé un héritage au Maroc. Mon frère étant dans une situation compliquée, alcoolique ect…il n’arrive pas à faire les démarches avec moi.pourriez-vous me conseiller ?
    En vous remerciant par avance
    Cordialement.
    Nadia Housni.

    8 juillet 2025
  • Bonjour, chère maître : je suis marocain résidant en France, mon père est décédé en 2014, je suis le plus petit de quatre soeurs et trois frères, en 2015 on a partagé l’ héritage à l’ amiable, sauf quand je suis rentré en 2016 mon notaire à à cassé les portes, il m’ a tout volé et il a loué la maison, et ils m’ ont chassé de la maison, j’ai posé pleinte à la gendarmerie imouzer kandar, l’ adjudant s’est acharné contre, on me disant : ( toi labas ilik tu vie en France, je suis allé voir un avocat j’ ai payé 600€ sans résultat, depuis suis jamais rentré au Maroc, après un accident de la vie, je suis invalidité, Vue ma situation financière actuelle est difficile, mes frères et soeurs profitent de 4 appartement 80 M2 chacune plus un T2 …150€ le loyer plus 20 hectares à Sefrou en on m’appelle par Messenger e me menaçant… quand je rentre au bled , ils vont m’ ont vont m’ envoyé en prison .
    Au Maroc j’ habite à imouzer kandar, provence de sefrou.
    Je vous sollicite de me conseiller, ça c loin pour moi….
    Dans l’attente de votre réponse veuillez accepter mes salutations respectueuses.
    Zayar Mohammed

    10 juillet 2025
  • Berkia Othman

    Salam…
    Ma mère qui est fille unique a hérité de sa mère une maison au maroc
    Quel sont mes droit sur cette maison en tant que fils ?

    Barack Allah ou fikoum

    20 juillet 2025
  • admin

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    19 août 2025
  • admin

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    19 août 2025
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    19 août 2025

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